INTERVIEW II

July 30th, 2010

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Astrid appela par sms Aleksi Cavaillez, elle ne savait pas quelle porte dans la cour du 13, rue poissonnière prendre. Ayant eu confirmation que c’est la porte gauche, elle monta jusqu’à l’étage, vers le nouvel atelier de l’artiste. Après quelques amabilités chaleureuses autour d’un mauvais café, Astrid mit en marche son magnétophone.

As : Bonjour Aleksi
Ak : Enchanté de vous retrouver Astrid
As : Le lieu a changé mais pas la lumière, j’avoue que je suis impressionnée, la lumière naturelle est plus éblouissante alors que les fenêtres donnent sur cour.
Ak : Alors bienvenue dans mon nouvel atelier !
As : Vous montrez de nouveaux dessins, si j’en ai l’impression, restent dans la même lignée que vos précédents représentant les paysages lunaires, certes plus petits.
Ak : En effet, ça suit le même chemin
As : Cette fois ci, le noir et blanc très précis et contrasté fait place à une couleur à la fois brumeuse et éclatante.
Ak : Limite kitsch, il faut le dire
As : (sourit) Pourquoi ce revirement à la couleur alors qu’on sait votre préférence pour le noir et blanc
Ak : Avant de répondre à votre question qui porte sur la couleur, permettez-moi de vous en expliquer l’origine, j’ai redécouvert la couleur et l’aquarelle lors d’un voyage au japon, en 2008. mais ce n’est pas tout puisque je l’ai encore laissée tomber à mon retour, comme si les toits de zinc de Paris me rappelaient la réalité… C’est la lecture d’un livre, ou plutôt deux pour être plus précis, Le Tractatus Logico-philosophicus de Wittgenstein et le Zahratoustra de Nietzsche, qui m’ont donné envie de mettre de la couleur. Cela peut paraître paradoxal que deux livres parlant avant tout de logique du langage, de philosophie, de mysticisme puissent être à l’origine de ce retour vers la couleur.
As : Wittgenstein et Nietzche ont été des révélations?
Ak : Pas vraiment, Je connaissais leur vie de gars un peu barrés, limite psychotiques, mais avant tout des génies saisis par le mysticisme et par la volonté de construire un monde absolu, l’un par la logique et rendre le monde compréhensible, et pour l’autre l’objectif de tout remettre à plat après avoir détruit les fondations du monde. Ca m’intéressait de connaitre leur oeuvres. Quand je parle d’oeuvres il y a toujours un rapport avec la vie pour moi. Plus que tout, la lecture du Tractatus a défini de nouveaux contours sur le rapport du langage avec l’objet, de la frontière du langage, mais surtout la définition de l’image. Ca commence par un simple Le monde est tout ce qui a lieu pour finir sèchement par Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. Comme des slogans, ça résonnait sans arrêt dans ma tête . Quant à Zahrathoustra, cette histoire d’homme qui part faire l’ermite à la montagne pour des années… avant de redescendre de sa montagne afin de prêcher, c’est un peu barré mais jouissif. Il y a des connivences entres ces deux oeuvres.
As : Cela tranche radicalement avec vos précédents travaux que vous continuez à faire avant tout.
Ak : Pas du tout, cela reste sur un même thème, celui du voyage, du mysticisme, et surtout l’atmosphère qui s’en dégage en fait une unicité.
As: La couleur et le noir et blanc sont avant tout liées pour vous?
Ak : Concernant les dessins lunaires, le noir et blanc sont les vraies couleurs de la lune, c’est une lumière brute, non déviée en spectre par l’atmosphère. D’ailleurs sur la lune il n’y en a aucune. Les dessins de couleurs sont des paysages terrestres, plus précisément des montagnes de patagonie photographiées lors d’un voyage en 2006. Dans l’ensemble oui c’est lié. Seul l’atmosphère peut tout changer, au propre comme au figuré.
As : La lumière revient toujours en premier plan dans vos oeuvres, que cela soit pour du noir et blanc, ou pour de la couleur, à travers le spectre de la lumière. Plus que la technique, la forme et le fond. Pouvez-vous nous expliquer cette fascination pou l’aspect scientifique?
Ak : si je puis me le permettre, je considère les peintres impressionnistes comme de grands scientifiques, spécialement Monet et Bonnard. C’est les types incroyables qui n’avaient que leur regard pour percevoir l’étendue de la couleur spectrale, la transformer et en ressortir toute la brutalité spectrale. Prenez les femmes dans la baignoire de Bonnard, il y a l’eau, l’intérieur, la femme, et cette lumière qui entre par la fenêtre, comme si cette fenêtre était un prisme, elle change tout à l’intérieur… J’allais oublier Frantisek Kupka, C’est un docteur ès-couleurs. Il vaut largement Newton ou Pascal… Je n’ai pas atteint leur degré scientifique, mais peut être un jour…
As: je pense à d’autres, par exemple Olafur Eliasson, que vous connaissez sans doute, peut-il faire partie de votre liste?
Ak : Plus ou moins, c’est avant tout un bricoleur de génie, il essaie de recréer la nature, la magie de la nature, la remettre dans un contexte superficiel, ce que je regrette. Andy Goldsworty, lui il ne recrée pas la nature, il la sublime sur place. Jan Fabre se considère avant tout comme un scientifique, c’est l’un des premiers artistes à parler de Consilience, un terme pour désigner l’ensemble des disciplines scientifiques et artistiques réunies sous une même bannière. Par la Consilience, il m’a donné envie de créer et découvrir.
As : Allez-vous continuer dans cette voie?
Ak : Pousser plus loin les recherches, sans oublier de garder pied sur la vie, sur ce dont on ne peut oublier, ce qu’on a vécu. Et à côté toujours des livres, des bandes dessinées dont j’ai toujours des histoires à raconter et qui j’espère auront le mérite d’être publiées un jour.
As : cela ne vous gêne pas de travailler en même temps sur deux univers radicalement différents, la bande dessinée et l’art?
Ak : pas du tout, je pense sincèrement que sans l’un je ne peux pas faire l’autre. Je refuse de me cloisonner sur une seule et même discipline, si c’était le cas je serais devenu fou. On a tous besoin l’un ou l’autre de changement, même si l’un rapporte moins que l’autre en termes financiers, et bien toujours continuer. La bande dessinée, comme l’illustration est quelque chose de complexe, il y a un dessin au service d’une narration. Alors que dans l’art il y a un dessin, une image ou une installation qui crée une narration. Deux cas opposés mais proches.
As: Ce sera tout pour aujourd’hui, je vous remercie, et j’espère avant tout que votre prochain Atelier ne sera pas tout proche du soleil.
Ak : Mais nous serons cramés !
(rires)

C’est le Mystique

July 30th, 2010

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Nouvelle série de dessins à l’aquarelle “Sans titre (Patagonie)” 40×50cm

Words by // Enoncés écrits par Ludwig Wittgenstein, Friedrich Nietzsche & Aleksi Cavaillez
From original photographies by // Inspirés des photos prises par Aleksi cavaillez – Patagonia 2006.

A tribute to Zarathoustra “Il s’en alla à la montagne”

Japan Paradoxes

July 12th, 2010

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From travel sketchbook – Japan 2008

Après la Patagonie, escale au Japon cet été.
Et encore, bon voyage !

Life in colors

July 9th, 2010

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THERE IS MY LAST LOOKING !

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AMERICA GIVES ME NO HOPE !

Dessins issus d’un Blackbook daté Avril 2009 –

Le paradoxe de la culture // les comics américains ont été le déclencheur de ma vocation à égaler Picasso (Guernica) et Herriman (Krazy Kat). Jack Kirby, Stan lee, et Steve Ditko ont sans doute été mes premiers auteurs lus, en 1985 à travers les fasicules Strange, qu’on pouvait trouver pour cinq francs en gare, imprimés dans un mauvais papier buvard qui allait devenir plus tard un papier regretté…

Il m’est cependant impossible de dissocier Picasso de Herrimann, comme Warhol de Jack Kirby.

Puis un jour de chute du mur de Berlin, on m’offre Ballade dans la mer salée de Hugo Pratt.

J’ai décidé de devenir auteur. D’écrire, plutôt que dessiner, et voyager.
Devenir l’égal de Robert Rauschemberg, la liberté de créer, de penser, ce qui nous influence et ce qui nous entoure.
Ce qui est le cas maintenant. Toujours.

Donc bon voyage ! NEVER FORGOT WHERE DO YOU FROM!

Interlude in Patagonia

July 8th, 2010

Patagonia _ 2006

Rakkaus (amour)

July 7th, 2010

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Helsinki – Hiver 2004

Intermezzo in Patagonia III

July 6th, 2010

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Patagonia – 2006 – Shadow and night
“il n’y a que la Patagonie qui convienne à mon immense tristesse…”

Intermezzo in Patagonia II

July 6th, 2010

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Patagonia – 2006

Intermezzo in Patagonia

July 6th, 2010


Patagonia – 2006

Papillomme

June 23rd, 2010

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